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Les exigences clés du RGPD
1. Une base légale pour chaque traitement
Tout traitement de données personnelles doit reposer sur l’une des six bases légales prévues à l’article 6 du RGPD. Le choix de la base légale est une décision structurante qui doit intervenir avant la mise en œuvre du traitement et être documentée dans le registre des traitements.
La CNIL précise que le choix de la base légale est une opération décisive, car elle conditionne les droits des personnes concernées et les obligations du responsable de traitement. Les six bases légales sont :
- Le consentement : libre, spécifique, éclairé et univoque
- L’exécution d’un contrat auquel la personne est partie
- Le respect d’une obligation légale
- La sauvegarde des intérêts vitaux
- L’exécution d’une mission d’intérêt public
- La poursuite d’intérêts légitimes, sous réserve de ne pas porter atteinte aux droits des personnes
2. Le registre des activités de traitement
Le registre des activités de traitement est le document central de la conformité RGPD. Il recense l’ensemble des traitements de données personnelles réalisés par l’organisation, avec pour chacun les finalités, les catégories de données et de personnes concernées, les destinataires, les durées de conservation, et les mesures de sécurité mises en place.
La tenue de ce registre est obligatoire pour la quasi-totalité des organisations. Les entreprises de moins de 250 salariés peuvent bénéficier d’allègements, sauf si leurs traitements présentent un risque pour les droits des personnes, portent sur des catégories particulières de données, ou sont effectués de façon non occasionnelle. En pratique, la quasi-totalité des organisations sont concernées.
3. La désignation d’un DPO
Le Délégué à la Protection des Données (DPO) est le pilote de la conformité RGPD au sein de l’organisation. Sa désignation est obligatoire dans trois cas définis à l’article 37 du RGPD :
- Les autorités et organismes publics, quelle que soit la nature des traitements effectués
- Les organismes dont l’activité principale consiste à effectuer un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle
- Les organismes dont l’activité principale consiste à traiter à grande échelle des catégories particulières de données (données de santé, données biométriques, données relatives aux condamnations pénales…)
Le CEPD encourage la désignation d’un DPO même en dehors des cas obligatoires. Le DPO peut être un collaborateur interne ou un prestataire externe. Il doit disposer des qualités professionnelles, des connaissances et des moyens nécessaires à l’exercice de ses missions en toute indépendance. Il ne peut pas être sanctionné pour l’exercice de ses fonctions.
4. La protection des données dès la conception et par défaut
L’article 25 du RGPD impose d’intégrer la protection des données personnelles dès la conception des systèmes et des processus (privacy by design), et de garantir que les paramètres par défaut offrent le niveau de protection le plus élevé possible (privacy by default).
Ces principes s’appliquent à tout nouveau traitement, tout nouveau système ou toute nouvelle application. La CNIL précise qu’ils s’appliquent également au développement de systèmes d’intelligence artificielle impliquant des données personnelles.
5. L’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD/DPIA)
L’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD, ou DPIA en anglais) est obligatoire pour tout traitement susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées. Elle est présumée nécessaire lorsqu’un traitement remplit au moins deux des neuf critères définis par les lignes directrices du G29 :
- Évaluation ou scoring des personnes
- Prise de décision automatisée avec effet juridique
- Surveillance systématique
- Données sensibles ou données à caractère hautement personnel
- Données traitées à grande échelle
- Croisement ou combinaison de données
- Données concernant des personnes vulnérables
- Usage innovant ou application de nouvelles solutions technologiques
- Transferts de données hors UE
La CNIL met à disposition un logiciel open source, PIA, pour faciliter la conduite et la formalisation des analyses d’impact. Elle a également lancé en avril 2026 une consultation publique sur un modèle européen d’AIPD. Si le niveau de risque résiduel reste élevé après la mise en œuvre des mesures d’atténuation, le responsable de traitement doit consulter la CNIL avant de mettre en œuvre le traitement.